Jean-Louis Berthon a accompagné une vingtaine de personnes sous un beau ciel bleu ce lundi 19 mars 2018 pour cette conférence sur le terrain et a apporté des explications très scientifiques et passionnantes sur l’éco-système de l’étier.

L’étier : un biotope très particulier

L’écosystème des étiers est très spécifique du fait des marées qui les remplissent et les vident toutes les 6 heures, plus ou moins selon les amplitudes et les besoins des paludiers. Cet environnement est un grand producteur de biomasse, et malgré des conditions de vie difficiles, les étiers abritent de nombreux organismes qui se sont adaptés à ce milieu hostile du fait des gros écarts de salinité.

Du végétal à l’animalSchema de la chaine alimentaire dans un étier

Les diatomées (microalgues) se développent bien dans ce milieu vaseux. Et servent de nourriture aux premiers organismes et micro-détrivores ou herbivores dont le plus spécifique est le ver arénicole, bien connu des pêcheurs. Mais aussi un petit crabe, des amphipodes et isopodes, et nombre de larves et petits poissons dans ce milieu riche en nurseries.

Ces petits animaux vont attirer, et nourrir, les oiseaux mais aussi des poissons plus gros, dont des mulets, qui remontent l’étier avec la marée et notamment des carnivores.

Et  la chaine alimentaire Végétal Herbivore Animal permet de nourrir quelques Super Prédateurs, qui assurent l’équilibre de ce biotope si spécifique.

Le ver arénicole : un élément essentiel au biotope d’un étier

 

Ver arénicole

Un ver arénicole et une civelle

Il s’agit d’un animal foreur et fouisseur qui vit dans une galerie qu’il fore dans la vase. Il a un régime microphage : il ingère le sable qu’il creuse et mange les particules végétales et la microfaune que ce sable contient : bactéries, algues unicellulaires, protozoaires, animalcules, etc… puis rejette un tortillon de sable pur.

On lui a aussi découvert une hémoglobine très particulière qui change de structure sur un rythme de 6 heures, celui des marées, et permet ainsi de lui restituer de l’oxygène quand il en manque.

2 risques écologiques pour les étiers

Cette hémoglobine intéresse tellement les chercheurs que cela constitue un risque potentiel pour les vers arénicoles par le risque de leur surexploitation, même si l’élevage reste une piste de sauvegarde.

L’autre principale pollution des étiers est le plomb, de divers origines, et qui se retrouve dans la chaine alimentaire notamment aviaire.

 

 

 

 

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